Championnats d'Europe

Sélection Équipe de France – Championnats d’Europe UEC BMX Freestyle Park 2026 – six Français pour conquérir l’Europe à Darmstadt

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Du 21 au 23 août, Darmstadt, en Allemagne, accueille les Championnats d’Europe de BMX Freestyle Park. La France y sera représentée par une sélection de six athlètes, trois hommes et trois femmes, soit les quotas maximums autorisés. Une équipe ambitieuse, qui pourra notamment compter sur le retour d’Anthony Jeanjean, absent du début de saison.

L’Europe du BMX Freestyle Park a rendez-vous à Darmstadt, du 21 au 23 août. Pour cette échéance majeure, l’Équipe de France a fait le plein : trois hommes et trois femmes défendront les couleurs tricolores, les quotas maximums accordés à chaque nation.

La sélection témoigne d’une densité croissante du Freestyle français et affiche naturellement des ambitions élevées. Elle associe expérience et jeunesse, avec notamment l’arrivée sur la scène internationale de Benjamin Daldy, 19 ans, et le retour de Luca Bertrand, désormais remis d’une blessure (et d’une opération en début d’année), tandis que chez les femmes, Laury Pérez, Maelys Turini et Valeria Liubimova tenteront de transformer leur expérience des grands rendez-vous en résultats.

Mais l’événement sera aussi marqué par un retour particulièrement attendu : celui d’Anthony Jeanjean, tête d’affiche du BMX Freestyle français, qui a choisi de faire l’impasse sur le début de saison pour se préparer au mieux à cette échéance européenne.

Anthony Jeanjean, le retour

Après une interruption liée à des problèmes de repères dans l’espace et à des troubles de l’oreille interne, Anthony Jeanjean retrouvera donc la compétition internationale à Darmstadt.

Le champion français a été confronté à un phénomène connu dans les sports acrobatiques sous le nom de « twisties« . Les twisties se présentent comme une perte des repères spatiaux, susceptibles d’affecter les pratiquants de sports acrobatiques, notamment gymnastes, plongeurs ou tous types de freestylers. Causes et mécanismes en sont encore mal connus, et semblent relever d’un faisceau de facteurs, associant notamment la vision, le système vestibulaire et réseaux cérébraux – tout ce qui permet au sportif de construire sa représentation du corps dans l’espace.

« Anthony était déjà passé par un premier épisode similaire il y a quatre ou cinq ans, et puis cela avait disparu. C’est revenu il y a deux ans« , explique Florian Ferrasse, entraîneur national. Le Français a alors entrepris de consulter divers spécialistes de l’oreille interne et de la neurologie, sans qu’une cause isolée puisse être identifiée.

Les troubles semblaient notamment apparaître dans certains contextes lumineux. « Il est possible que la retombée de la pression après les Jeux ait pesé dans la balance. Anthony était très fatigué« , poursuit Florian Ferrasse. Depuis lors, le médaillé de Paris 2024 a suivi un protocole de rééducation orthoptique. « Il va bien désormais ! » , assure l’entraîneur national.

Une équipe masculine renouvelée

À ses côtés, l’Équipe de France pourra compter sur deux athlètes aux profils différents.

À seulement 19 ans, Benjamin Daldy s’installe progressivement sur la scène internationale. Il s’est notamment illustré à Birmingham, où il a disputé sa première finale de Coupe du monde, prenant la 11e place, une performance qui confirme son potentiel au plus haut niveau.

Luca Bertrand, lui, effectue son retour après une opération programmée en début d’année. Absent de la manche de Montpellier, il a fait le déplacement aux États-Unis et y a retrouvé progressivement ses figures. Selon Florian Ferasse, le Français possède les qualités nécessaires pour viser très haut : « Il a la capacité d’entrer dans un Top 5, si les conditions sont réunies » .

Avec Jeanjean, Daldy et Bertrand, la France présente ainsi un trio qui combine expérience, jeunesse et potentiel de performance.

Trois filles, trois ambitions

Chez les femmes, la France aligne également trois représentantes. Laury Pérez, habituée des grands rendez-vous internationaux, sera naturellement l’une des principales chances françaises. Ayant déjà un podium européen à son actif, elle possède l’expérience nécessaire pour jouer les premiers rôles.

Elle sera accompagnée de Maelys Turini, 11e des derniers Championnats d’Europe, et de Valeria Liubimova, qui avait pris la 8e place il y a deux ans. Toutes trois ont donc déjà connu les finales européennes. Une expérience qui constitue un atout, mais surtout le reflet d’une densité nouvelle du Freestyle féminin français.
« Elles sont toutes les trois sensiblement de même niveau. L’idée, c’est que l’émulation entre elles les tire vers le haut. Laury était au-dessus du panier, mais leurs niveaux se resserrent, et c’est une bonne chose : la densité de l’effectif féminin se renforce« , souligne Florian Ferasse.

Cette dynamique générale n’est pas sans lien avec le fait que trois sélectionnés sur six – Valeria Liubimova, Maelys Turini et Luca Bertrand – sont pensionnaires du Pôle France de Montpellier, sous la férule de Florian Ferasse et de Thibaut Panaville.

Former ceux qui feront grandir le Freestyle

Cette montée en puissance repose aussi sur le développement de l’encadrement. 
En effet, la FFC relance ainsi une formation DEJEPS BMX à dominante Freestyle, destinée à renforcer les compétences des éducateurs et entraîneurs dans cette discipline. «Il y avait eu deux sessions, puis la formation avait été interrompue. Et on remet ça en route. On manque d’éducateurs Freestyle dans les clubs», explique Sandrine Guironnet, manager cyclisme urbain et acrobatique à la FFC.  

Une nécessité à mesure que la pratique se développe et que les performances françaises progressent au plus haut niveau : pour faire émerger les futurs Anthony Jeanjean, Laury Pérez ou Benjamin Daldy, encore faut-il disposer, dans les clubs, d’éducateurs capables d’accompagner les jeunes pratiquants dans leur progression

Prendre ses marques à Darmstadt

Le Park de Darmstadt présente enfin une particularité : il s’agit d’un équipement permanent, mais que les Français connaissent peu. Aucun d’entre eux n’y a véritablement évolué en compétition, à l’exception de Valeria Liubimova, qui y a passé quelques jours cette année afin de s’y entraîner et de gagner un peu de confiance. Pour Florian Ferrasse, cette relative méconnaissance du site ne constitue toutefois pas un handicap majeur. « Ça ne changera pas grand-chose. Les deux jours d’entraînement précédant la compétition nous permettront de prendre nos repères » .

Le décor sera donc nouveau, mais les ambitions, elles, sont bien connues. Avec six représentants, la France a rempli ses quotas. Elle arrive à Darmstadt avec un champion du monde qui retrouve la scène internationale, une jeune génération masculine qui pousse et un collectif féminin dont la densité ne cesse de progresser.

De quoi aborder ces Championnats d’Europe avec l’envie de faire rayonner, une nouvelle fois, le BMX Freestyle français.