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La coureuse d’AG Insurance-Soudal Devo Team s’est imposée à l’issue d’un Championnat de France Amateurs marqué par la chaleur et une sélection progressive. Deuxième, Marie-Morgane Le Deunff a longtemps cru pouvoir décrocher le maillot tricolore, tandis que la présence des coureuses de structures UCI Continental a relancé le débat sur leur participation à l’épreuve.
Une sélection naturelle sous la chaleur
La course en ligne des Femmes Amateurs s’élançait à 9 heures, bien avant que la température n’atteigne son pic. Malgré ces conditions relativement favorables au départ, le peloton des quelque 140 partantes se morcelait dès le premier tour de circuit. Une physionomie désormais classique sur les Championnats de France amateurs, où l’hétérogénéité des niveaux provoque rapidement une sélection par l’arrière.
Au fil des kilomètres, la chaleur accentuait encore les écarts, disséminant les concurrentes sur le parcours. À mi-course, la lutte pour le titre ne concernait plus qu’une trentaine de coureuses.
Amateures, en théorie ou en pratique ?

Parmi les prétendantes figuraient notamment Nina Lavenu et Amandine Muller, toutes deux membres d’AG Insurance-Soudal Devo Team, une UCI Women’s Continental Team. Elles allaient finalement monter sur les première et troisième marches du podium, ravivant un débat récurrent sur leur présence dans cette épreuve.
Deuxième sur la ligne, Marie-Morgane Le Deunff ne cachait pas sa frustration : « Elles courent toutes les semaines avec les professionnelles, et cela leur procure un avantage certain. Il n’y aura tout bonnement pas de maillot bleu-blanc-rouge cette année dans les courses amateurs.«
La nouvelle championne comprenait ce sentiment. « C’est vrai, nous courons toute l’année avec les pros et nous aurions trouvé normal de participer aux Championnats de France Élite. Je comprends donc la frustration des amateures. Mais lorsqu’une occasion de gagner un Championnat de France se présente, on ne la laisse pas passer.«
D’un point de vue réglementaire, la situation demeure toutefois complexe : les coureuses des équipes Continental féminines ne disposent pas toutes d’un statut professionnel au sens juridique, puisqu’elles ne sont pas nécessairement salariées. Elles restent donc éligibles à cette épreuve.
Lavenu confiante dans sa pointe de vitesse
La course se décantait véritablement dans le dernier tour. À treize kilomètres de l’arrivée, Glwadys Moal (Lanester Women Morbihan) lançait une attaque tranchante qui provoquait la sélection décisive.
Quelques minutes plus tard, Nina Lavenu revenait sur la Bretonne avant de prendre seule les commandes de la course. La Savoyarde, quasiment à domicile, imposait alors son rythme jusqu’au pied de la dernière ascension.
« L’idée, c’était d’avoir un coup d’avance. J’étais assez confiante en cas d’arrivée au sprint, car c’est une filière que j’ai beaucoup travaillée cette année« , expliquait celle qui décroche son premier titre national individuel.

Un sprint disputé jusqu’au bout
Rien n’était pourtant joué dans les derniers hectomètres. Après une ultime accélération d’Amandine Muller à l’entrée du dernier virage, qui lui permettait de prendre quelques mètres d’avance, Marie-Morgane Le Deunff lançait son sprint, Lavenu parfaitement calée dans sa roue.
La Chambérienne parvenait finalement à la déborder dans les tout derniers mètres, s’imposant pour moins d’une demi-roue.
Deux trajectoires, deux visions du haut niveau

Ce premier maillot tricolore pourrait constituer un tournant dans la carrière de Nina Lavenu. Étudiante en école de commerce, elle mène de front son double projet sans y voir un obstacle : « Je suis dans la même promotion que Paul Seixas à l’ESM Lyon. S’il y arrive malgré toutes les sollicitations qu’il reçoit, il n’y a pas de raison que je n’y arrive pas !« , dit-elle en souriant.
À l’inverse, Marie-Morgane Le Deunff, revenue cette saison chez les amateures sous les couleurs du Team Avesnois après une première expérience professionnelle, savoure aujourd’hui un équilibre retrouvé.
« Je suis passée professionnelle à 18 ans. Sacrifier sa vie sociale et aller chaque soir se coucher après avoir mangé des pâtes et du poulet, c’est dur. Aujourd’hui, on a moins de pression. On mange une pizza ensemble de temps en temps, on se promène le soir, on fait des jeux de société. Hier, on est même allées tremper les pieds dans la rivière. C’est un mode de vie plus appréciable, et je prends à nouveau du plaisir.«
Reste à savoir si ce nouvel équilibre la convaincra, un jour, de tenter à nouveau l’aventure chez les professionnelles.
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