Cyclisme féminin

Les Ambassadrices FFC en séminaire au vélodrome national : un week-end pour fédérer, partager et inspirer 

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Réunies au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, les Ambassadrices FFC ont vécu un temps fort d’échanges et de réflexion autour de leur mission : développer la pratique féminine du cyclisme partout en France, en levant les freins et en cultivant la confiance.

Un réseau qui prend corps sur le terrain

Elles forment un réseau de mieux en mieux maillé sur l’ensemble du territoire, mais ne se connaissaient parfois que par écran interposé. Les Ambassadrices FFC se sont réunies ce week-end au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines, pour (achever de) faire connaissance et échanger autour de l’amour du vélo, qu’elles ont en commun de vouloir transmettre et partager avec femmes de leurs régions. 

Après une brève mise en perspective historique des plans de féminisation par Myriam Prétôt, vice-présidente de la FFC, Cédric Chaumond a exposé l’organisation de la DTN, notamment dans sa partie développement.

Puis le week-end Ambassadrices en tant que tel a débuté par un temps de présentations et d’échange, guidé par Ophélie Laffuge, en charge du programme pour la FFC. 

Ce fut l’occasion pour chacune de confronter à celles des autres sa vision personnelle de la mission attendue – d’un rôle que chacune occupe à sa manière. 

Des parcours variés, une même passion

De fait, si elles sont toutes des pratiquantes passionnées, leurs histoires et leurs rencontres avec le cyclisme sont très diverses. Elles sont venues au vélo par le triathlon, ou parce que leur conjoint ou leur enfant pratiquent. Ou encore, mues par une décision très personnelle et très volontaire, comme Nadia Bailly, qui, autrefois, a décidé seule de prendre sa licence, et est allée s’inscrire tout aussi seule, alors qu’elle n’avait que 8 ans : « C’était intimidant, parce que les inscriptions se prenaient dans les locaux de mon école, j’ai dû me rendre de ma propre initiative dans le bureau de ma maîtresse, » se souvient celle qui, plus tard, se sortira par le cyclisme des douleurs et de la maladie. 

Elles ont de 19 à près de 60 ans, certaines sont compétitrices et d’autres ne le sont pas ; les unes sont des cyclistes de toujours et les autres ont découvert le vélo plus récemment ; d’aucunes pratiquent plus le VTT que la route, et pour d’autres c’est l’inverse. 

Lever les freins et créer la confiance

Mais au-delà de ces différences superficielles, elles se confondent dans la même volonté de transmettre leur passion, et soucieuses d’aider à franchir le pas celles qui n’osent pas, qui manquent de confiance par peur d’être jugées. Il faut le redire, car c’est un phénomène systémique, les femmes ressentent toujours le poids du regard masculin, particulièrement au sein d’un groupe. 

La première mission de nos Ambassadrices consiste donc à rassurer et encourager celles qui hésitent et appréhendent. « Cette crainte est très présente, et se traduit par ces phrases qu’on entend régulièrement, raconte Candy Mura. Par exemple : J’ai peur d’être un boulet, je vais ralentir le groupe. Mais personne ne ralentit personne, on est là pour accueillir et rouler ensemble.  » 

Des approches complémentaires pour accompagner

Chacune a donc ses méthodes et son style d’accompagnement pour aider les néo-cyclistes à se lancer, comme à faire le grand saut. Diane André leur dit « qu’il faut le faire pour n’avoir pas à regretter.  » Cinthia Voët les encourage à « lâcher les freins , » comme sur la piste du vélodrome national où elle encadre des baptêmes. Audrey Brochard souligne qu’il importe de « désamorcer la concurrence […] et de dire aux nouvelles venues qu’elles peuvent baisser la garde, que la bienveillance mutuelle est notre maître-mot. » 

Logiquement, cette mise en confiance ne se paie pas de mots. En bonne coach sportive, Aurélie Stephan-Betemps veille à installer une progressivité dans les exercices, de sorte à conduire ses ouailles de « petites victoires en petites victoires » et à leur faire remarquer rétrospectivement que leurs craintes étaient disproportionnées
« D’autant plus, renchérit Candy Mura, qu’on n’y arrive pas forcément du premier coup, et que ça n’a rien de grave.  » Et Lucie Adam d’ajouter : « Moi, je leur dis :de toute façon, même si tu décroches, je serai là. Je suis avec toi. »

Une pratique à adapter, une communauté à construire

Clara Château fait remarquer que la pratique et l’entraînement des femmes comportent des spécificités, par exemple liées aux cycles hormonaux, dont les hommes sont rarement capables de parler, serait-ce au plan théorique. « J’ai eu la chance d’être accompagnée par des femmes, et je sais que je leur dois d’être toujours sur le vélo aujourd’hui. » 

Avec son association des « Stéphanoises en Selle », Rachel Claudel raconte un intéressant renversement. Après avoir d’abord organisé des sorties exclusivement féminines pour favoriser la confiance, le groupe a progressivement accueilli des hommes.  » La seule différence, dit-elle, c’est qu’ils viennent rouler selon nos règles « .