Championnats de France

Retour sur – Championnats de France Gravel 2026 – À Thouars, le gravel a trouvé son terrain d’évidence 

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Entre les chemins de  » Graviers Roses « , le château des Ducs de Trémoille et les méandres du Thouet, les Championnats de France Gravel 2026 ont offert un cadre à la hauteur d’une discipline qui revendique autant le goût de la compétition que celui des paysages. Pendant deux jours, jeunes, élites et masters se sont affrontés sur les chemins du Thouarsais, dans une fin d’été lumineuse et exigeante.

Le Gravel, une relation au paysage

On peut aimer la compétition sans être insensible au cadre dans lequel elle prend place. Peut-être même est-ce là le fameux « esprit Gravel » ? De ce point de vue, ces Championnats de France 2026 ne pouvaient rêver meilleur lieu

À quelques kilomètres de Thouars, la carrière de La Gouraudière extrait un microgranite rose, véritable signature minérale du territoire. Concassé, il fournit ce gros gravier de ballast qui tapisse les lignes TGV et, sous une forme plus fine, couvre et colore les chemins de la région. Il a ainsi donné son nom à la belle épreuve des « Graviers Roses« , devenue cette année le support des Championnats de France Gravel 2026, grâce à une équipe d’organisation enthousiaste et compétente jusqu’au bout des ongles. 

À Thouars, c’est d’ailleurs l’Histoire et la ville elles-mêmes qui semblent se lire sur un mode géologique. Le château des Ducs de Trémoille, dont l’architecture tranche avec sa position fortifiée au sommet des remparts médiévaux, fut construit au XVIIe siècle à l’initiative de Marie de La Tour d’Auvergne, en lieu et place de l’ancien site fortifié plusieurs siècles auparavant. Sa position surplombante ne répond donc plus seulement au souci militaire et défensif : elle offre aussi au visiteur une vue exceptionnelle sur la ville et le paysage. 

Au pied de la falaise où se perche l’édifice, le Thouet, manifestement peu pressé d’aller se jeter dans la Loire, étire son lent méandre, couvert de nénuphars et bordé de touffeurs végétales. Il ne manquait qu’une fin d’été radieuse pour que l’événement touche à la perfection – et nous l’eûmes ! 

Une chaleur qui n’épargne pas les coureurs

La chaleur n’était certes plus aussi cruelle qu’elle l’avait été au cours des derniers mois, mais elle pesa néanmoins sur les courses. Elle ajoutait sa difficulté à celles, inhérentes à la discipline, qui parsemaient les tracés concoctés par Jérôme Bourry, co-organisateur de l’épreuve. 

Samedi, les plus jeunes ouvraient le bal : d’abord les U17, puis les U19 – respectivement sur 50 et 80 kilomètres – avant que les catégories Masters ne prennent à leur tour possession des chemins thouarsais.

Enzo Conan, premier champion de France du week-end

Enzo Conan fut ainsi le premier titré du week-end. Le coureur du VS Scaërois confirme une saison exceptionnelle : déjà champion de France de cyclo-cross et vainqueur du Trophée Madiot, il domine cette année sa catégorie chez les U17. 

Quelques instants plus tard, Louane Famy, licenciée au Jura Cyclisme Pays du Revermont, devenait à son tour championne de France Gravel U17. La Jurassienne avait déjà montré ses qualités sur route et dans les disciplines chronométrées. Aux Championnats de France de l’Avenir, à Chantonnay, en juillet, elle avait notamment pris la troisième place du contre-la-montre U17, à seulement douze secondes de Lana Le Guilloux, sacrée championne de France. 

Chez les U19, c’est Léo Verrier qui s’imposait. Jeune coureur issu du cyclo-cross et de la route, le sociétaire du VC Évron semble avoir trouvé dans le gravel un terrain particulièrement favorable à ses qualités. Une nouvelle illustration de la capacité de la discipline à accueillir des coureurs venus d’horizons différents et à leur offrir un nouvel espace d’expression

Quant à Noémie Jurado Roumieux, c’est en récidiviste qu’elle s’imposait au pied du château des Ducs de Trémoille. Déjà sacrée championne de France Gravel U17 à Châtellerault en 2025, elle conservait ainsi son titre national et confirmait son attachement à une discipline dans laquelle elle semble particulièrement à son aise. 

Les Masters, éternels jeunes premiers

Lancée à la poursuite de leurs cadets, les catégories Masters ont une nouvelle fois témoigné de ce que le vélo peut être l’instrument de choix du bien vieillir. 

La motivation intacte de Kevin Sadoudi ou Marine Rosselle en M1, Nicolas Chadefaux et Sandra Petit en M2, Guillaume Bourieau et Élodie Touffet en M3, Soazig Guillard en M4, de Frédéric Duffet et Katia Valroff en M6, ou encore de Didier Le Brière en M7, de Daniel Arquey en M8 :  autant de nouvelles lignes – et quelles lignes ! – à des palmarès déjà bien chargés. 

Au-delà des catégories et des classements, ces courses Masters rappellent aussi l’une des particularités du Gravel : la possibilité de faire cohabiter, sur les mêmes chemins, des générations et des histoires cyclistes très différentes, unies par le même plaisir de rouler et de se mesurer. 

Un village à l’image de l’esprit Gravel

Le championnat ne se résumait d’ailleurs pas à ses courses et à ses chemins. Autour de l’aire d’arrivée, le village partenaires avait lui aussi son rôle à jouer : buvette, restauration, animations et stands permettaient aux coureurs, aux familles et aux spectateurs de prolonger l’expérience et de faire de l’événement un véritable rendez-vous populaire. 

Parmi les présents, l’Institut de l’Engagement apportait une dimension particulière.

L’association accompagne des jeunes qui se sont engagés dans des missions d’intérêt général et les aide à transformer cette expérience en projet professionnel ou de formation. Une présence qui trouve naturellement sa place dans la politique RSO de la FFC : les clubs et associations cyclistes constituent eux aussi des lieux d’engagement, de transmission et de prise de responsabilités, où de jeunes bénévoles peuvent acquérir des compétences et faire naître des vocations

Cette rencontre entre le monde associatif, l’engagement citoyen et le sport illustrait à sa manière ce que peut être un championnat de France : bien davantage qu’une succession de compétitions, un événement capable de réunir autour du vélo des publics, des générations et des parcours différents

Dimanche, le grand rendez-vous des Élites

Dimanche, outre les randonnées de 110 et 150 kilomètres ouvertes à tous les volontaires dotés de jarrets solides, la responsabilité du spectacle revenait aux catégories Élites Hommes et Femmes, ainsi qu’aux U23 et aux Masters 1 à 5. 

Après un départ donné par Pierre Rolland, à la fois parrain de l’épreuve et participant bien décidé dans la catégorie M2, les Élites se sont jetés à corps perdus entre les arbres et les haies, sur les chemins creux du Thouarsais, levant la poussière comme un étrange régiment de cavalerie dans la lumière oblique du matin. 

Les courses, dont le récit détaillé n’est pas ici l’objet, furent toutes plus belles et disputées les unes que les autres, donnant lieu à des arrivées émouvantes et à un spectacle à la hauteur de ce que promettait le décor

Un championnat à l’image du Gravel

Car c’est peut-être là, au fond, que réside la réussite de ces Championnats de France 2026. À Thouars, la compétition n’a jamais semblé séparée de son environnement. Elle s’y est au contraire fondue, dans les chemins roses du Thouarsais comme dans les paysages façonnés par l’histoire et la géologie. 

Le Gravel y a trouvé un territoire qui lui ressemble : exigeant sans être austère, spectaculaire sans être artificiel, ouvert aux spécialistes comme aux coureurs venus de la route ou du cyclo-cross, et capable de réunir autour d’une même pratique la compétition la plus intense et le simple plaisir de parcourir un paysage. 

À Thouars, les championnats de France avaient donc trouvé plus qu’un parcours. Il avait trouvé un décor, une histoire et une couleur