Championnats d'Europe

Sélection Équipe de France – Championnats d’Europe Route UEC 2026

selection_equipe_france_cyclisme_route_championnats_europe

Du 2 au 7 octobre, les Championnats d’Europe de cyclisme sur route prennent leurs quartiers en Slovénie, autour de Ljubljana et Šenčur. Le circuit, qui semble taillé pour les grimpeurs-puncheurs, promet une course rude en cette fin de saison. L’Équipe de France présente une sélection ambitieuse, bien décidée à relever le gant de la fatigue accumulée.

Le parcours

Pour les épreuves en ligne Élite, le parcours s’annonce particulièrement intéressant : sans être un véritable tracé de montagne, il devrait mettre à rude épreuve les organismes et favoriser les coureurs capables de répéter les efforts.

Chez les élites hommes, les 196,3 kilomètres du parcours totalisent quelque 2 570 mètres de dénivelé positif, avec une première partie relativement roulante avant que la course ne se concentre autour de Šenčur. Les coureurs devront alors effectuer à cinq reprises une boucle de 22,1 kilomètres comprenant la principale difficulté du circuit : la montée de Možjanca, longue de 2,1 kilomètres à 10,2 % de moyenne, avec des passages qui approchent les 16 %. Une ascension courte mais particulièrement exigeante, qui devrait progressivement étirer le peloton à mesure que les tours s’enchaîneront. Après le sommet, le parcours demeure accidenté avant une descente rapide et technique, puis une portion plus roulante ramenant les coureurs vers Šenčur. De quoi dessiner une course ouverte, où la répétition des difficultés pourrait faire la différence autant que leur pente, et où puncheurs, grimpeurs et coureurs complets devraient trouver matière à s’exprimer. Les femmes Élite emprunteront ce même circuit, mais à deux reprises, pour une distance de 130 kilomètres et un peu plus de 1 350 mètres de dénivelé positif. C’est sur ce terrain exigeant et propice aux mouvements de course que les sélections françaises tenteront de jouer les premiers rôles.

 Les ambitions françaises

Sur ce terrain susceptible de sourire aux coureurs complets, l’Équipe de France pourra s’appuyer sur plusieurs profils capables de peser dans les moments décisifs. 

Concernant les Hommes Élite. On retrouve Bruno Armirail dans son registre – le Pyrénéen est engagé à la fois dans l’épreuve individuelle et dans le relais mixte. Habitué des grands rendez-vous internationaux et véritable pilier de la sélection, il aura à cœur de retrouver ses meilleures sensations. À Montréal, il avait réalisé une performance particulièrement solide dans le relais mixte, mais avait connu davantage de difficultés dans le contre-la-montre individuel, une contre-performance qu’il avait lui-même eu du mal à expliquer. Le rendez-vous slovène constituera donc une nouvelle occasion pour le Tarnais de démontrer ses qualités de rouleur et de retrouver pleinement ses repères au sein de l’Équipe de France. 

Pour la course en ligne, la sélection masculine réunira plusieurs générations et plusieurs registres. Pavel Sivakov apportera son expérience des grands rendez-vous internationaux et des courses exigeantes, tandis que Kevin Vauquelin, Romain Grégoire et Léo Bisiaux seront particulièrement attendus sur un tracé qui correspond à leurs qualités. Vauquelin, qui a notamment terminé deuxième du Tour de France 2024 et confirmé depuis sa polyvalence au plus haut niveau, sort d’un Tour de France 2026 plus discret sur le plan du classement général, conclu à la 36e place, mais a retrouvé des sensations encourageantes en cette fin de saison avec une quatrième place sur la première étape du Tour des Abruzzes à la mi-septembre. Romain Grégoire arrive, lui, avec une dynamique particulièrement intéressante : septième de la Bretagne Classic fin août, dixième du GP Industria & Artigianato, troisième de la Coppa Sabatini puis deuxième du Grand Prix de Wallonie en septembre, le puncheur de la Groupama-FDJ a accumulé les résultats de premier plan à l’approche des Championnats d’Europe. Enfin, Léo Bisiaux, qui dispute à seulement 21 ans sa première saison complète au plus haut niveau, a franchi un nouveau cap cette année. Après avoir remporté une étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, le jeune grimpeur-puncheur s’est surtout illustré sur la Vuelta, dont il a pris la douzième place au classement général et la troisième place du classement des jeunes. Sur un circuit où la répétition de la montée de Možjanca pourrait progressivement faire la sélection, son profil pourrait être particulièrement précieux. 

Chez les femmes, les Françaises présentent également une équipe particulièrement dense. Dans le contre-la-montre individuel, la France pourra compter sur ses deux spécialistes, qui viennent encore de démontrer leur niveau à Montréal. Le relais mixte connaîtra en revanche une évolution par rapport aux Mondiaux : Maeva Squiban prendra la place de Marion Borras, cette dernière étant désormais tournée vers les échéances sur piste de cette fin de saison. Squiban apportera un profil particulièrement intéressant à la sélection : deuxième du championnat de France du contre-la-montre en juin, quatrième de la course en ligne nationale, elle a également terminé deuxième du classement général de la Setmana Ciclista Valenciana en début de saison et cinquième de La Picto en juillet. 

Sur la course en ligne, la France pourra surtout compter sur une impressionnante continuité. Parmi les habituées des grands rendez-vous, seule Célia Géry, désormais tournée vers sa saison de cyclo-cross, manquera à l’appel. Cédrine Kerbaol, Juliette Berthet et Évita Muzic enchaîneront ainsi les Championnats du monde et d’Europe, avec une expérience et une endurance précieuses dans cette période particulièrement dense de la saison. Kerbaol, notamment, réalise une nouvelle année de référence : deuxième du Tour de Suisse, sixième du Tour de France et cinquième du contre-la-montre des Mondiaux de Montréal, elle s’est une nouvelle fois affirmée parmi les meilleures spécialistes françaises de l’effort solitaire comme des courses par étapes. À leurs côtés, Maeva Squiban et Marie Le Net complèteront un collectif expérimenté, tandis que Célia Le Mouel et Léa Curinier apporteront leur jeunesse et leur capacité à accompagner les mouvements de course. Émilie Morier sera également de la partie. À 29 ans, la coureuse de St Michel-Preference Home est encore relativement nouvelle dans le très haut niveau, mais elle a déjà montré cette saison qu’il fallait compter avec elle : troisième du championnat de France, à seulement sept secondes de la victoire, elle avait notamment devancé plusieurs des Françaises présentes en Slovénie. 

Avec ces deux sélections, la France disposera donc en Slovénie de collectifs à la fois expérimentés et renouvelés, capables de jouer sur plusieurs tableaux. Les profils de Vauquelin, Grégoire et Bisiaux semblent particulièrement adaptés aux cinq passages de Možjanca chez les hommes, tandis que la densité de l’équipe féminine permettra d’envisager la course avec plusieurs cartes.  

La relève française également au rendez-vous

La France sera également représentée dans les catégories jeunes, avec une sélection U23 Hommes et une équipe Juniors Femmes. Chez les U23, Théophile Vassal, Soann Ruesche et Louka Lesueur porteront notamment les couleurs tricolores, avec l’ambition de se mêler à la lutte sur un parcours slovène qui devrait également favoriser les coureurs offensifs. Chez les Juniors, Thaïs Poirier, double championne de France en titre, sera l’une des têtes d’affiche françaises, aux côtés notamment de Noémie Jurado, récente championne de France de Gravel. Deux sélections qui permettront à la France de miser, une nouvelle fois, sur une génération appelée à prendre progressivement le relais chez les élites. 

Après les Mondiaux de Montréal, où les Français avaient notamment décroché (à nouveau) la deuxième place du relais mixte et où Cédrine Kerbaol avait pris la cinquième place du contre-la-montre, ces Championnats d’Europe offriront une nouvelle occasion aux Bleus de conclure leur saison internationale sur une note forte.