Cyclo-cross : la saison 2024 est lancée

Alors que la saison de cyclo-cross a débuté, et que la Coupe de France s’ouvre ce week-end à Nommay, quelles sont les perspectives pour nos équipes de France ?
Les petits matins sont plus frais, les feuilles changent à peine de couleur, mais la saison de cyclo-cross est déjà ouverte. Ce week-end, 19 et 20 octobre, les choses sérieuses commencent à Nommay (Doubs) où se tiendront les deux premières manches de la Coupe de France, sur un parcours légèrement remodelé pour des raisons aussi bien sportives (il repousse le franchissement de l’escalier loin de la ligne de départ) que purement évènementielles (une répartition du public facilitée.)

Calendriers coupe du monde et coupe de France
Cette année, cela ne s’était produit qu’une fois, la Coupe de France est disputée en 8 manches et 4 week-ends. Suivront donc :
- Pierric (Loire-Atlantique), les 9 et 10 novembre.
- Troyes (Aube), les 23 et 24 novembre
- La Ferté-Bernard (Sarthe), les 14 et 15 décembre.
On sait que le tracé de cette dernière manche comprendra des parties sablonneuses, et pour cause : une semaine plus tard se tiendra la manche de Coupe du Monde (la 6ème) de Zonhoven, où la différence se fait sur (dans) le sable. Une bonne façon pour les coureurs français de s’acclimater à cette « surface » si spécifique.

À noter, cette année le calendrier de la Coupe du Monde est plus ramassé, la première manche ne se disputant – à Anvers – que le 24 novembre, ce qui est sans doute fait pour permettre aux pointures ayant achevé de grosses saisons sur la route ou en VTT, de revenir au meilleur de leur forme. La reprise des élites français que sont Clément Venturini ou Joshua Dubau se fera d’ailleurs autour de la mi-novembre. Même programme ou presque pour Léo Bisiaux qui, ayant pris le temps de se faire retirer une plaque claviculaire posée après une chute à la Classique des Alpes, devrait reprendre à Troyes.
L’ex-champion du monde juniors, désormais dans sa deuxième année espoirs, fera donc l’impasse sur les championnats d’Europe (2 et 3 novembre à Pontevedra, en Espagne), et focalise évidemment sa saison sur ce point d’orgue que seront les Championnats du Monde de Liévin, avec la coupe du monde pour fil conducteur, à partir de Dublin (2nde manche, 1er décembre).
Revue d’effectifs français
Concernant l’équipe de France, le sélectionneur national François Trarieux est bien conscient que les attentes sont grandes : « Elles sont à proportion de ce que nous avons pu montrer ces deux dernières saisons, où nous sommes allés chercher plusieurs titres européens et mondiaux. » Incontestablement, le vivier français est parmi les plus riches.Les catégories de jeunes en témoignent, même si persiste un fossé culturel entre l’Hexagone et la Belgique ou les Pays-Bas, chez qui la discipline est pourvue d’un véritable secteur professionnel.

« Nos coureurs devront être régulièrement présents au niveau international, dès Pontevedra, poursuit François Trarieux. Le one-shot, je n’y crois pas. » L’an passé, les championnats d’Europe sur route avaient eu lieu à la même date, mais les championnats du monde s’étaient tenus en août, à Glasgow, ce qui avait permis une coupure avant la saison de cross. Ainsi de jeunes athlètes comme Célia Géry, Amandine Muller ou Aubin Sparfel, qui passent cette année de junior à espoirs ont-ils observé une première coupure dans l’été, puis une seconde après Zürich, avant la reprise début octobre, au Brumath Bike Festival, où Théophile Vassal (J2, désormais, et déjà 6ème des derniers mondiaux juniors de Tabor pour sa première année) et Jeanne Duterne ont gagné.
Une première revue d’effectifs pour le sélectionneur national : « En principe, la hiérarchie est assez stable en cyclo-cross. Chez les jeunes il existe parfois des éclosions un peu brusques, liées à un changement de gabarit par exemple. Mais en l’occurrence, les trois premières juniores filles sont les trois qui dominaient la catégorie cadettes l’an passé : à Brumath, Jeanne Duterne l’emporte devant Zélie Lambert et Lise Revol. L’an passé les cadettes étaient conviées à un stage à SQY, et sur une coupe du monde à Namur, dans le but de les familiariser avec l’environnement du haut niveau. Elles avaient roulé sur le circuit, elles étaient restées en stage la semaine. Cette année, elles sont déjà au niveau pour jouer dans le top 10 mondial en junior dès cet hiver. »

On gardera aussi un œil sur Aubin Sparfel et Jules Simon, respectivement 1er et 3ème des championnats d’Europe 2023, qui passent de juniors à espoirs. Chez les espoirs justement, Nathan Bommenel a encore une saison pour confirmer son statut de champion de France (il est en dernière année.) Chez les femmes, Célia Géry et Amandine Muller, qui dominaient la catégorie juniore, montent chez les espoirs – nul doute qu’elles soient en mesure de jouer les premiers rôles.
On notera qu’Olivia Onesti, après une grosse saison de VTT, fait l’impasse sur le cross cette année. Chez les élites, où la possibilité d’occuper le devant de la scène est plus mince, il faut pourtant être optimiste pour Hélène Clauzel, qui a débuté sa saison aux USA, et vient d’y remporter 8 courses sur 8 disputées ! « Enfin, rappelle Trarieux, n’oublions pas que nous sommes champions d’Europe et du monde du relais mixte. D’aucuns font la fine bouche, mais cela démontrer la grande vitalité et le potentiel du cyclo-cross français. »