VTT – Femmes – Hommes

sélection VTT JO 2024

Pauline Ferrand-Prévôt

  • Date de naissance : 10 février 1992. 
  • Lieu de naissance : Reims (Marne). 
  • Taille : 165 cm.
  • Poids : 52kg. 
  • Fédération : Fédération Française de Cyclisme. 
  • Club : AMSL Fréjus.
  • Team : INEOS-Grenadiers.
  • Participations antérieures JO :  Londres 2012, Rio 2016, Tokyo 2020. 
  • Palmarès Jeux Olympiques : 
    • 2012 : 26ème  ;
    • 2016 : abandon  ;
    • 2020 : 10ème .  

Palmarès hors-jeux Olympiques

  • Championne du monde sur route : 2010 (juniors), 2014.
  • Championne du monde de VTT XCO : 2009, 2010 (juniors), 2015, 2019, 2020, 2022, 2023.
  • Championne du monde de VTT XCO Marathon : 2019, 2022.
  • Championne du monde de VTT XCC : 2022, 2023.
  • Championne du monde de Gravel : 2022.
  • Championne de France de VTT XCO : 2012, 2013 (espoirs), 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019,2022.
  • Championne de France de VTTAE : 2019.
  • Championne de France de VTT XCC : 2022.
  • Championne de France sur route : 2009, 2010 (juniors), 2014, 2015.
  • Vainqueure de la Flèche wallonne : 2014.
  • Championne d’Europe du contre-la-montre : 2010 (juniors).
  • Championne de France du contre-la-montre : 2009, 2010 (juniors), 2012, 2013, 2014.
  • Championne du monde du relais mixte VTT : 2014, 2015, 2016.
  • Championne de France de cyclo-cross : 2014, 2015, 2018.
  • Championne du monde de cyclo-cross : 2015.
  • En 2024, à ce jour : vainqueure du XCO de la manche de coupe du monde de Nove Mesto.

Elle a grandi dans une famille cycliste. Elle a commencé à leurs côtés – à l’âge de 5 ans environ, et sur la route. Quelques années plus tard, le comité cherchait une fille pour compléter la sélection du TFJV. Le VTT lui plaît tout de suite, notamment en raison du format, qui n’est « ni trop long ni trop court, alors que sur la route, il peut t’arriver de t’ennuyer. » Ce qui ne l’empêche pas de pratiquer à la fois la route et le cyclo-cross. 

Elle devient championne de France cadettes alors qu’elle est seulement minime 1èreannée. Bien plus menue que ses concurrentes de 2 ans plus âgées, elle s’échappe avant d’être reprise et de s’imposer au sprint. « Ce soir-là, j’ai dit à ma mère que je savais ce que je voulais faire dans la vie : cycliste professionnelle. Bien sûr, elle m’a répondu que je devais d’abord songer à travailler à l’école. »  

Mais la détermination de l’adolescente est infaillible et les succès qui s’enchainent au fil des ans ne laissent guère de place à l’hésitation, même s’il est alors impossible d’envisager l’incroyable carrière qui s’ensuivra, et qui fera d’elle une des plus grandes, si ce n’est la plus grande championne de l’histoire de son sport.  

Même réduit à une simple énumération, le récit de ses succès sportifs réclamerait des pages. Elle est de celle qui transforme tout en or. Dès les années juniors, elle donne le ton, devenant triple championne du monde : 2 fois en XCO et une fois sur la route. La suite est faramineuse : « PFP » décrochera (jusqu’à aujourd’hui) rien moins que 18 maillots arc-en-ciel, dont 15 en élite ! Rien que pour le VTT, cela fait 7 en XCO (dont 2 en juniors), 2 en XCO Marathon, 2 en short-track, 3 en relais mixte. Il faut y ajouter 2 titres sur route (dont 1 en juniors), 1 en cyclo-cross et 1 en gravel. À quoi il faut ajouter 6 titres de championne d’Europe (5 en VTT et 1 sur route) et 31 titres de championne de France toutes disciplines confondues !! 

Quand on lui parle de talent, elle relativise pourtant, arguant de travail, de goût de la compétition et d’une « hargne » qu’elle dit avoir héritée de sa mère. 

On le sait, le seul titre dont elle rêve encore plus que les autres pour n’avoir encore jamais pu le décrocher, c’est le titre olympique.

Cette année, elle s’est retirée dans une bulle, s’entrainant seule de son côté et plus dur que jamais, ne négligeant aucun détail pour se donner toutes ses chances. Elle dit enfin n’avoir jamais été aussi heureuse de pratiquer son sport. 

Loana Lecomte 

  • Date de naissance : 8 août 1999. 
  • Lieu de naissance : Annecy (Haute-Alpes). 
  • Taille : 162 cm.
  • Poids : 52kg. 
  • Fédération : Fédération Française de Cyclisme. 
  • Team : Canyon CLLCTV .
  • Participations antérieures JO :  Tokyo 2020. 
  • Palmarès Jeux Olympiques : 
    • 2020 : 2ème.

Palmarès hors-jeux Olympiques

  • 2016 : championne de France de XCO juniors.
  • 2017 : championne de France de XCO juniors, vice-championne du monde de XCO juniors.
  • 2019 : médaillée de bronze du XCO espoirs au championnat du monde, médaillée de bronze du relais mixte au championnat du monde, championne de France de XCO espoirs.
  • 2020 : championne du monde du relais mixte, championne du monde espoirs de XCO, vainqueure de 1 manche de coupe du monde, championne d’Europe de XCO espoirs, championne de France de XCO espoirs.
  • 2021 : vainqueure du classement général de la coupe du monde, vainqueure de 4 manches de coupe du monde, championne de France de XCO, championne de France de XCO espoirs.
  • 2022 : vainqueure de 2 manches de coupe du monde, championne d’Europe de XCO, championne de France de XCO.
  • 2023 : vice-championne du monde du relais mixte, vice-championne du monde du XCO, 2ème au classement général de la coupe du monde, vainqueure de 2 manches de coupe du monde, championne de France de XCO.
  • 2024 : championne de France de XCO, championne de France de XCC.

Elle a grandi à Annecy, dans une famille pour le moins sportive. Comme tant d’autres petites filles Loana est inscrite à la danse classique, puis au patinage artistique, et enfin au ski.  Influencés par le papi, les parents inscrivent la petite au club de VTT des Carroz.  

Elle débute « avec un vélo qui faisait 15kg, sans suspension. Mais ça me plaisait et, après un an mes parents m’ont acheté une meilleure monture, et j’ai commencé à gagner les courses que je faisais. » 

En sport-études à Chamonix, mais pour le ski. Mais au passage en seconde, elle arrête le ski et elle met « un peu le vélo de côté. Du coup pendant la seconde, j’ai eu une vie d’adolescente normale. J’allais à l’entrainement le mercredi, rien de plus. J’ai profité. Et puis à la fin de la seconde je me suis décidée : je voulais faire du vélo. J’ai rappelé Phillipe Chanteau, le directeur du Pôle France, qui me sollicitait depuis un an. Et j’ai intégré le Pôle en première, où je suis resté jusqu’à ma deuxième année de STAPS, donc pendant 4 ans. »  

La vie a donc changé dans le bon sens, selon cette athlète qui aime quand les choses sont carrées, structurées. « Mais, s’empresse-t-elle d’ajouter, on peut mettre de la fantaisie dans le carré. » 

Rassurée par le cadre, elle laisse aller sa joie et s’épanouit dans une activité qui semble taillée pour elle. Parmi les toutes meilleures techniciennes du circuit, elle rêve de progresser encore longtemps. Elle trouve que pédaler, s’entrainer, c’est la partie facile, et que les difficultés de son métier sont ailleurs. « Il y a toujours à apprendre, y compris dans les moments où tout semble facile. L’année avant les Jeux de Tokyo, j’avais gagné toutes les manches de Coupes du monde et on me désignait comme favorite. J’ai compris que tout le monde m’aimait, mais pas pour ce que je suis : c’est comme si personne ne m’aimait – c’est difficile à vivre quand on a 20 ans. Après les Jeux, je me suis pris un retour de manivelle. Il faut être bien entouré, pour avoir une longue carrière. » 

Elle sait qu’elle a les épaules pour gagner à Paris, elle sait que le monde ne s’écroulera pas en cas d’insuccès, et que ceux qui l’aiment « vraiment » n’en seraient que plus visibles. 

Victor Koretzky

  • Date de naissance : 26 août 1994. 
  • Lieu de naissance : Béziers (Hérault). 
  • Taille : 180 cm.
  • Poids : 70kg. 
  • Fédération : Fédération Française de Cyclisme. 
  • Club : VS Narbonnais.
  • Team : CSpecialized Factory Racing.
  • Participations antérieures JO :  Rio 2016, Tokyo 2020. 
  • Palmarès Jeux Olympiques : 
    • 10e du XCO à Rio, 5e du XCO à Tokyo.

Palmarès hors-jeux Olympiques

  • 2011 : champion du monde de XCO juniors, champion du monde de relais mixte, champion d’Europe du relais mixte, champion de France de XCO juniors.
  • 2012 : vice-champion du monde de relais mixte, vice-champion du monde de XCO juniors.
  • 2014 : vice-champion de France du XCO espoirs.
  • 2015 : champion du monde du relais mixte, vice-champion du monde de XCO espoirs, vice-champion de France du XCO espoirs.
  • 2016 : champion du monde du relais mixte, vice-champion du monde de XCO espoirs, champion d’Europe de XCO espoirs, vice-champion d’Europe du relais mixte, champion de France de XCO espoirs.
  • 2018 : vice-champion de France de XCO.
  • 2019 : champion de France de XCO.
  • 2021 : médaille de bronze du XCO au championnat du monde, 2ème du classement général de la coupe du monde XCO, vainqueur d’une manche de coupe du monde XCO.
  • 2023 : vice-champion du monde du XCC, vainqueur d’une manche de coupe du monde XCO, vainqueur de 3 manches de coupe du monde XCC.

Dans la famille, on n’est pas particulièrement compétiteurs, mais on aime le mouvement, les longues balades ou le trail.  Il a d’abord fait beaucoup de sport avec Clément, son grand-frère. Ainsi Victor joue au tennis, au basket, tâte un peu de natation. Mais c’est à vélo que les frangins se font le plus plaisir. Lui n’a que 5 ou 6 ans quand se profilent les premières compétitions. 

La pratique fraternelle a perduré longtemps. Jusqu’à ce que Clément passe professionnel au VC La Pomme-Marseille puis à Bretagne Séché-Environnement. Victor, quatre ans de moins, poursuit son chemin à VTT. 

L’ascension est progressive.  Jusqu’en junior il a mené sa barque sans trop réfléchir à son entraînement. À partir de là il faut travailler, avoir une hygiène de vie irréprochable, être rigoureux sur les détails.  

Habitant près de Montpellier, région qu’il aime et qu’il ne veut pas quitter, il ne passe pas par le Pôle France. « À chacun son équilibre. Le mien m’intimait de rester, même si je le regrette au sens où, en France, c’eût été le seul moyen de bénéficier d’horaires ou d’un cursus aménagé. Ce n’est pas dans notre culture scolaire : au lycée, on ne comprenait pas que je m’absente pour les compétitions, où que je puisse avoir besoin de tant d’heures pour m’entrainer. J’ai fini par avoir mon BTS, mais sans doute pas dans les meilleures conditions. » 

Rien de tout cela ne l’empêche de devenir champion du monde juniors, puis 2 fois vice-champion du monde chez les espoirs, ni de se surclasser en élite à l’heure de sa dernière année espoir, pour tenter le tout pour le tout et se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio, où il se classe 10e en dépit d’une crevaison. À l’issue de la saison 2016, il est 4e de la Coupe du monde. Aux Jeux de Tokyo quatre (cinq) ans plus tard, il se classera 5e. De sa carrière élite en général, il dit avoir eu « des hauts et des bas, même si dans l’ensemble ça s’est plutôt bien passé. (sic) » Certes. Inscrire 4 manches de Coupes du monde XCO à son palmarès (auxquelles il faut ajouter les victoires en short-track), comme il l’a fait depuis 2021, n’est pas donné à tout le monde.  

On se souvient de sa frustration – compréhensible – à Glasgow en août 2023, où son placement sur la grille de départ lui a sans doute coûté (au moins) le podium. 

Quoi qu’il en ait d’abord douté, il apprécie le circuit de Paris 2024. « C’est un circuit rapide et qui devient technique avec la vitesse. À première vue il ne paie pas de mine mais à vive allure, c’est autre chose. On frôle beaucoup d’arbres au centimètre. C’est très dynamique, j’aime bien. Il ne devrait pas y avoir de gros écarts, ça nous promet une course à suspens. » Le lieu d’une revanche et d’un aboutissement ? 

Jordan Sarrou

  • Date de naissance : 9 décembre 1992. 
  • Lieu de naissance : Saint-Étienne (Loire). 
  • Taille : 180 cm.
  • Poids : 67kg. 
  • Fédération : Fédération Française de Cyclisme. 
  • Club : La Chance.
  • Team : CSpecialized Factory Racing.
  • Participations antérieures JO :  Tokyo 2020. 
  • Palmarès Jeux Olympiques : 
    • 9ème du XCO à Tokyo.

Palmarès hors-jeux Olympiques

  • 2009 : champion de France XCO juniors
  • 2012 : champion de France XCO espoirs, médaille d’argent du relais mixte aux championnats du monde. 
  • 2013 : médaille d’argent du relais mixte aux championnats du monde, champion d’Europe du XCO espoirs
  • 2014 : champion du monde du relais mixte, champion de France XCO espoirs, vainqueur de la coupe du monde XCO espoirs (5 manches gagnées), champion d’Europe du XCO espoirs, champion d’Europe du relais mixte. 
  • 2015 : champion du monde du relais mixte
  • 2016 : champion du monde du relais mixte, médaille d’argent du relais mixte aux championnats d’Europe. 
  • 2017 : médaille de bronze du relais mixte aux championnats du monde. 
  • 2019 : médaille de bronze du relais mixte aux championnats du monde. 
  • 2020 : champion de France XCO, champion du monde de XCO, champion du monde du relais mixte, médaille d’argent du relais mixte aux championnats d’Europe. 
  • 2021 : champion du monde du relais mixte
  • 2023 : médaille d’argent du relais mixte aux championnats du monde, 2ème du classement général de la coupe du monde (vainqueur d’1 manche). 
  • 2024 : champion de France XCO

C’est à 8 ans qu’il se met au vélo. Un oncle président de club (Golene Evasion) et un cousin qu’il allait voir courir – et qu’il admirait – l’amènent au cyclisme. Il roule le samedi à l’école de vélo, et finit par se mettre à la compétition. 

Du haut de ses 9 ans, il est séduit aussi bien par l’effort en soi, avec sa dimension introspective, que par l’ambiance chaleureuse des courses régionales. Il ne tarde pas à gagner quelques courses.  « Je pense que mon point fort, c’était le mental. Parce que, bon, à cet âge-là on ne s’entraîne guère qu’une fois le mercredi, parfois le samedi. Mais pendant la course, je ne lâchais rien. » Déjà. 

En cadet, on le repère et on l’invite à rejoindre le Pôle France de Besançon. À 16 ans, il lui faut quelques mois pour s’adapter à cette nouvelle vie d’internat. Mais le groupe est top, l’encadrement pas moins. D’ailleurs il y passera 5 ans. 

Le jeune athlète fera preuve d’une progression régulière et constante. « Rétrospectivement je n’ai pas le sentiment d’avoir franchi de grosses marches d’un coup. » Dès cadet 2 il devient champion de France. En junior première année, idem, il endosse à nouveau le maillot tricolore.

En deuxième année junior il décroche ses premières manches de Coupe du Monde, avant qu’une fracture de la clavicule l’empêche de conserver son titre national. Espoir 3, il devient champion d’Europe, et l’année suivante il emporte le classement général de la Coupe du monde.

Il a changé d’entraineur et certains détails de son entrainement. Il court à pied, non plus l’hiver seulement, mais toute l’année. Il dit avoir besoin d’un volume d’entrainement toujours supérieur d’une année sur l’autre, et que l’évolution des circuits et l’apparition des short races l’obligent à travailler plus l’explosivité. Conséquemment il fait davantage de musculation, ce qui lui apporte « une nouvelle connaissance de son corps. » 

2023 fut sa meilleure année, la plus pleine et la plus solide. Et pourtant, il n’a pas été « présent où il fallait l’être. Je me suis loupé aux championnats du monde. » 

Du circuit des Jeux 2024, il dit que la première reco – faite à pied – l’avait surpris. « Cela semblait très peu technique. C’est un circuit à l’image des Jeux, un tracé artificiel. Mais avec la vitesse, j’ai apprécié, trouvait que ça passait. Entre les sports techniques, ça va très vite.Ça va faire du spectacle. » Il ne rêve que d’une chose, en somme : de ressembler à cette photo que, minot, il fit dédicacer à Julien Absalon.