Coupe de France de VTT XCO : Élancourt, ou la deuxième vie d’une colline olympique
Moins de deux ans après avoir accueilli l’épreuve olympique de VTT des Jeux de Paris 2024, la Colline d’Élancourt a retrouvé l’élite du cross-country français à l’occasion de la troisième manche de la Coupe de France. Le temps d’un week-end, pilotes, entraîneurs et spectateurs ont redécouvert un site entré dans l’histoire de la discipline, un héritage au sens fort du terme : appelé à vivre.
Revenir là où l’histoire s’est faite
Pour tous ceux qui fréquentent les paddocks du VTT français, la silhouette pourtant modeste de la Colline d’Élancourt évoque instantanément des souvenirs très forts.
Impossible en effet, de ne pas repenser à cette journée de juillet 2024, où une Pauline Ferrand-Prévot au sommet de son art, s’était envolée vers le titre olympique, portée par la clameur du public comme par une vague puissante. Le jour, aussi, où Victor Koretzky était passé si près de redoubler l’exploit de sa consœur. Difficile, en somme, d’oublier l’intensité d’un événement qui avait placé le VTT au cœur des Jeux de Paris.

Ce week-end, bien sûr, il n’était plus question de gigantisme ni de médailles olympiques. Dans le cadre de la Coupe de France, les maillots des teams et des clubs avaient remplacé les couleurs des délégations nationales. Mais les structures temporaires des Jeux ont laissé place à un site pérenne, adapté aux exigences du VTT XCO de compétition. Et l’émotion, elle, reste intacte.
« Quand on arrive ici, on pense forcément aux Jeux » : les pilotes, femmes et hommes, avaient en tête les mêmes images que le public. Un imaginaire partagé par de nombreux participants, qu’ils aient vécu l’événement de l’intérieur ou derrière leur écran.
Un héritage qui roule

L’ un des défis majeurs des Jeux de Paris 2024 consistait à transformer les sites de compétition en équipements utiles et vivants.À n’en pas douter, l’objectif est atteint à Élancourt.Désormais connu comme « Stade Olympique Pauline Ferrand-Prévot », le site continue d’accueillir pratiquants, clubs, scolaires et compétitions. L’organisation d’une manche de Coupe de France constitue une nouvelle étape dans cette dynamique.
Au fil du week-end, les pilotes ont retrouvé ce qui fait la singularité du parcours : des ascensions courtes mais explosives, des descentes techniques, des portions artificielles parfaitement intégrées au relief naturel et des points de vue spectaculaires sur l’ouest francilien.
Un terrain exigeant qui ne laisse aucun répit et qui continue de faire l’unanimité parmi les spécialistes.
Loana terrasse le fantôme de la chute
Si la grande majorité des compétiteurs découvrait le site pour la première fois, quelques-uns y revenaient avec une histoire dans la tête.Á commencer bien sûr par Loana Lecomte, dont la chute dramatique lors de la course olympique hantait forcément la mémoire. La Française retrouvait donc avec le circuit, la brutale interruption d’un rêve de médaille qu’elle semblait en mesure de réaliser.
Mais l’éthique athlétique ne consiste-t-elle pas à « aller de l’avant » ?
En tout état de cause, la Savoyarde était bien décidée à surmonter l’obstacle représenté par la réactivation de ce douloureux souvenir. Et elle, qui la veille avait prudemment déclaré au journal Le Parisien « J’ai besoin de finir cette course pour tourner cette page », a fait bien mieux, puisqu’elle a carrément terrassé ses fantômes en remportant la course élite femmes, disposant de la Chilienne Catalina Vidaurre Kossmann, et de la Slovène Vita Movrin.

Suivent deux Françaises, Léna Gérault et Noémie Garnier.
Chez les élites hommes, ce serait faire offense à l’intéressé de présenter comme une surprise la victoire de Naël Rouffiac. N’avait-il pas, quelques jours plus tôt, signé un podium en Coupe du Monde sur le short-track à Nove-Mesto, dans la catégorie U23. Il n’en reste pas moins que Joshua Dubau, son suivant immédiat, fut légèrement pénalisé par une « crevaison lente ». Les Dieux du VTT ont choisi, sans doute !
Un site déjà incontournable

Au-delà de sa dimension symbolique, la manche d’Élancourt a surtout confirmé le statut pris par le site dans le paysage du VTT national.La qualité de l’organisation, la technicité du parcours et l’engouement du public ont contribué à faire de ce rendez-vous l’un des temps forts du début de saison. Des plus jeunes aux catégories élites, chacun a pu mesurer ce qui fait la particularité de cette colline artificielle devenue l’un des lieux les plus emblématiques du VTT français.
Un nouveau chapitre commence
Les Jeux olympiques ont offert à Élancourt une place à part dans l’histoire du sport français. La Coupe de France 2026 a montré que cette histoire ne s’était pas arrêtée à l’été 2024.Le site est entré de plain-pied dans une nouvelle phase de son existence : celle d’un terrain de sport vivant, fréquenté toute l’année et capable d’accueillir les plus grandes compétitions nationales.
Le temps d’un week-end, la colline olympique a retrouvé le bruit des transmissions, les encouragements du public et l’intensité de la compétition. Un cas d’école de ce que doit être l’héritage d’un grand événement.
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