Iris Sachet, de championne de France à entraîneure nationale : parcours d’une experte de la performance cycliste
Ancienne championne de France sur piste et sur route, docteure en sciences du sport et désormais entraîneure nationale au sein de la Fédération Française de Cyclisme (FFC), Iris Sachet incarne une nouvelle génération de cadres techniques issus du haut niveau. De ses premiers tours de roue en école de cyclisme à la tête du collectif endurance de l’équipe de France, son parcours conjugue exigence scientifique, culture de la performance et passion du vélo. Portrait d’une athlète devenue entraîneure, au cœur du projet fédéral vers Los Angeles 2028.

Pas besoin d’avancer très loin dans la conversation pour comprendre qu’elle a le goût de la précision. Quand on lui demande, assez classiquement, en matière d’introduction, si elle est « née dans une famille de cyclistes », elle articule aussitôt sa réponse en deux parties, oui et non.
S’il s’agit de l’entendre au sens d’une authentique tradition familiale qui engloberait plusieurs générations et plusieurs foyers, c’est non. Le cyclisme chez les Sachet n’est pas cette petite entreprise familiale qu’on se transmet de parents à enfants depuis 1890.
Les parents exercèrent tous deux ingénieurs de formation, qui dans les composites, qui dans le « conseil en unités de recherche. » Mais oui, le père s’était pris de passion pour le cyclisme à l’heure de sa vingtaine, et il est allé jusqu’à entraîner son épouse avec lui dans le bain des compétitions régionales. Soit dit en passant, et pour donner une idée de l’ambiance et des valeurs dans lesquelles Iris a grandi : trente ans plus tard, l’homme consacre aujourd’hui sa retraite à l’ultra-distance.
La suite est plus classique, elle n’en est pas moins belle. L’excessive transmissibilité du virus aux enfants est connue. Le frère aîné, mathématiquement, fut le premier touché, qui contamina Iris à son tour. « De toute façon, nous étions très proches, et j’avais tendance à faire tout ce qu’il faisait », raconte aujourd’hui l’intéressée.
Á quatre ans, elle se joue des obstacles disposés à l’école de cyclisme. Et la différence de puissance physique étant négligeable à ces âges tendres, elle ne se prive pas d’asticoter les garçons.
À ce stade, on aura intuitionné le penchant familial pour la compétition et le travail bien fait. Le frère aîné montera jusqu’en DN tout en poursuivant à son tour des études d’ingénieur, Iris n’est pas en reste.
Se compte-t-elle parmi ceux que leurs parents « encouragent » ou « poussent » ? Les deux ! « Ils nous poussaient activement, mais en tout bienveillance » se croit-elle obligée de préciser .

« Je me suis pris au jeu » dit-elle simplement, avant d’énumérer à notre demande les lignes les plus marquantes d’un long palmarès : un titre de championne de France sur piste pour sa première année cadette, puis sur piste ET sur route l’année suivante. Chez les juniors, c’est d’abord une médaille européenne sur l’épreuve du scratch, avant qu’une crise d’appendicite la prive des France. Aux Europe route, elle chute à 300m de la ligne alors que « les choses se présentaient plutôt bien. » Puis pour sa saison J2, elle devient à nouveau championne nationale sur route…

C’est alors que surgit la première déception : titrée, elle n’est pourtant pas sélectionnée pour le Mondial. L’enthousiasme en prend un coup, d’autant que la jeune femme a plus d’un tour dans son sac. Côté jardin, c’est-à-dire à l’école, elle a vite pris un tour : un an d’avance. Et, junior 2, elle est déjà sur les bancs de la fac. Tant qu’à ne pas participer aux plus grosses courses alors qu’elle se sent les moyens, elle choisit de se focaliser sur les études.
« Je pensais d’abord étudier la médecine, raconte-t-elle. Mais j’ai eu peur, je me suis laissé impressionner par les récits que j’entendais, d’étudiant en première année qui avaient à peine le temps de manger. Comme je comptais toujours poursuivre la compétition, même avec un pas de recul, j’ai renoncé et, un peu par défaut il faut le dire, je me suis orientée en filière STAPS. » Ce qu’elle pressentait se confirme au fil du cursus : guère enchantée par l’idée de devenir prof d’EPS en milieu scolaire, elle s’oriente vers un master de recherche. Tout en poursuivant la compétition à un niveau qu’honorable (on veut dire : haut !) jusqu’au moment de s’engager dans une thèse de doctorat.
C’est là qu’elle croise plusieurs cadres de la FFC, dont Emmanuel Brunet qui met sur pied la cellule Recherche & Performance en vue de l’Olympiade 2024. Ainsi effectuera-t-elle ses recherches dans le cadre fédéral, auprès des sprinters sur la « Coordination musculaire et les propriétés mécaniques en sprint ». Il s’agit de développer la PMax en sprint et d’identifier les limites, musculaires et biomécaniques, à la performance.

Doctorat en poche, elle continue d’être régulièrement sollicitée par l’équipe de France. Et curieusement peut-être, plus par le collectif endurance. Ses compétences en data analyse lui confère un premier titre de séjour, pour ainsi dire, mais s’étendent bien au-delà.
C’est ainsi qu’au départ de Steven Henry début 2025, elle prend tout naturellement le poste d’entraîneure, appuyée en cela par Samuel Monnerais, avec qui elle forme le nouveau binôme des endurants français.
Alors qu’une première phase de reconstruction post-olympique s’achève, et que le travail s’oriente d’ores-et-déjà sur les premières phases de qualification pour Los Angeles 2028, Iris Sachet continue de s’épanouir « dans la relation avec les athlètes », déployant un nouveau volet – encore un – d’un potentiel décidément polymorphe.
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