En Haute Maurienne Vanoise, l’équipe de France de VTT XCO sur des bases sereines
Bien entendu, l’élite française du VTT XCO affine déjà ses armes. Du 12 au 17 janvier, l’Équipe de France a choisi la Haute Maurienne Vanoise pour lancer sa saison et poser les bases d’une année décisive. Autour de Loana Lecomte et Léna Gérault, les meilleurs athlètes tricolores ont troqué les sentiers contre un stage de six jours en altitude, mais sans vélo.
Le séjour réunissait un collectif mêlant références mondiales et talents émergents du XCO : Loana Lecomte, Léna Gérault, Noa Tessier, Alexandre Martins, Mathieu Ghibaudo, Olivia Onesti, Lucas Rodriguez, Marie Herzog et Jeanne Duterne. Un effectif de haut vol, à l’image du territoire qui l’accueille.
Il est peu de dire que les Bleus ont été bien reçus : « Accueillir l’Équipe de France est une vraie fierté. Cela vient récompenser nos investissements et confirme que la Haute Maurienne Vanoise est une terre d’excellence pour le vélo, du très haut niveau aux grands événements grand public comme la Transmaurienne Vanoise », commente Jérémie Silva, directeur de l’Office de tourisme de Haute Maurienne Vanoise.

Outre le partenariat historique liant la FFC et la Haute Maurienne Vanoise, le choix du lieu ne devait, bien sûr, rien au hasard. Entre infrastructures de pointe — comme le récent Stade VTT XCO de Bessans, exploité en période estivale —, altitude propice au travail physiologique et enneigement de qualité, la vallée s’impose comme un terrain d’entraînement privilégié pour le sport de haut niveau. Un partenariat naturel avec la Fédération Française de Cyclisme.
Dans le décor grandiose de la Haute Maurienne Vanoise, nos athlètes ont suivi un programme d’entrainement dont l’exigence est celle de leur niveau : ski de fond sur le plateau de Bessans, ski alpin à Bonneval sur Arc ou Val Cenis, sans oublier des sorties en fat-bike électrique sur itinéraires enneigés.
Certes, on pourrait parler en termes attendus, et sans aller contre la vérité, d’une diversité d’efforts idéale pour développer endurance, puissance et coordination, loin de la routine.
« Ce stage est une étape clé de notre préparation. La complémentarité entre ski nordique, alpin et ski de randonnée permet de construire une base athlétique solide, tout en renforçant la cohésion du groupe avant les premières échéances mondiales », souligne l’entraîneur national Yvan Clolus.
Mais la vision de Clolus ne se limite jamais aux bornes des discours convenus. Quant au bien-fondé de ces six jours de ski, l’essentiel ne réside pas tant dans la théorie physiologique de l’entrainement, mais dans un attachement à ce qu’il perçoit comme l’éthique d’une fédération comme la FFC.
« J’éprouve une certaine défiance par rapport à la tendance actuelle, qui incite à faire toujours plus de vélo le plus tôt possible. En pratique, certains ne s’arrêtent jamais et on sait que cet enchaînement des saisons sans coupure, serait-elle symbolique, n’est pas sans rapport avec le nombre croissant de burn-out dans le sport de haut niveau. Nous sommes peut-être un peu les derniers des Mohicans, mais notre rôle est de protéger les athlètes, notamment de rappeler aux jeunes combien les saisons sont longues : en VTT les objectifs majeurs sont quand même plutôt tard dans la saison. Alors 6 jours de ski en janvier, c’est une courte parenthèse, ça ne change quasiment rien objectivement, mais c’est un message fort. D’ailleurs Nino Schurter a toujours fait comme ça, il ne rangeait ses skis que fin février. »
L’autre originalité consistait à mélanger les générations, garçons et filles confondus, « ce que seuls nous, la fédération, pouvons nous permettre : dans les teams, ça n’est pas possible » remarque encore l’entraîneur. Isolés comme on ne peut se sentir isolés dans le silence de la neige et de la montagne, les élites dames et les juniors ont ainsi créé des liens. Considérant la jeunesse de Marie Herzog et Jeanne Duterne, Loana Lecomte aurait « même lâché, sur le ton de la plaisanterie, qu’elle se sentait prendre un coup de vieux ! »
L’Équipe de France a de beaux jours devant elle, personne n’en doute !
À lire aussi
En Haute Maurienne Vanoise, l’équipe de France de VTT XCO sur des bases sereines
Portrait Candy Mura, Ambassadrice engagée en Occitanie
Championnats d’Europe sur Piste UEC 2026 : derrière Benjamin Thomas, retour aux affaires pour les Bleus !